Les forces navales indiennes et celles de dix pays africains se sont réunies en Tanzanie du 12 au 18 avril pour mener des manœuvres maritimes conjointes, visant à renforcer la coopération maritime et à lutter contre la piraterie dans la région. Ce format multilatéral, d’une ampleur inédite, permet à l’Inde de s’affirmer dans l’océan Indien, notamment face à la Chine.
Cet exercice de six jours, nommé Africa-India Key Maritime Engagement Exercise, dont les initiales signifient « unité » en sanskrit, est co-organisé par la marine indienne et les Forces de défense du peuple tanzanien (TPDF). Il rassemble les Comores, Djibouti, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, les Seychelles, l’Afrique du Sud, l’Inde et le pays hôte, la Tanzanie.
« Cet exercice reflète notre engagement commun à garantir la paix et la sécurité dans la région de l’océan Indien », ont affirmé les responsables de la marine indienne dans un communiqué.
« Il renforce notre capacité collective à répondre aux menaces maritimes et améliore la coopération régionale ».
Parmi les principaux participants figurent les navires indiens INS Chennai (destroyer de missiles guidés), INS Kesari (navire de débarquement de chars) et INS Sunayna (patrouilleur offshore), qui incarnent la vision indienne de sécurité et de croissance pour tous dans la région (SAGAR).
Les manœuvres ont débuté le 13 avril dans le port de Dar Es Salam où l’Inde a dépêché un destroyer, un navire de débarquement de chars et un patrouilleur. Quatre navires de la marine tanzanienne ainsi qu’une unité navale spéciale kenyane dédiée aux interceptions participent également.
Le ministre de la Défense tanzanien, Stergomena Lawrence Tax, co-présidant la cérémonie d’ouverture à bord de l’INS Chennai, a salué cet exercice conjoint comme une « nouvelle ère » dans le partenariat stratégique maritime entre l’Afrique et l’Inde.
« En ces temps incertains, la coopération régionale n’est plus une option, c’est une nécessité ».
« Cet exercice nous permet de nous entraîner ensemble, de planifier ensemble et d’agir ensemble lorsque cela est nécessaire. Nous sommes fiers de faire partie de ce moment historique ».
La phase portuaire de l’exercice comprenait des séances de planification de haut niveau, des exercices de poste de commandement axés sur les opérations de lutte contre la piraterie, ainsi que des formations conjointes sur l’embarquement et les opérations de recherche.
Elle sera suivie par la phase en mer ce mercredi 16 avril, avec des exercices anti-piraterie, de recherche et sauvetage, et des opérations héliportées.
Abhishek Mishra, chercheur associé au Manohar Parrikar Institute for Defence Studies and Analyses (MP-IDSA), un centre d’études du ministère de la Défense indien, explique l’importance de ces manœuvres maritimes pour l’Inde : « La côte est de l’Afrique fait partie de notre stratégie Indo-Pacifique. Notre principal objectif dans la région est la sûreté de la marine marchande. Les attaques houthis de l’année dernière nous en ont rappelé l’urgence. Il s’agit également de garantir l’approvisionnement énergétique de l’Inde, dépendante des pays africains pour les hydrocarbures. Enfin, une diaspora indienne très importante est installée ici ».
L’opération devrait être reconduite dans un autre pays d’Afrique de l’Est l’année prochaine.


















