Notre collègue bien-aimé, Prao Kouaou John Alex, illuminait nos vies par sa joie contagieuse et son attitude bienveillante. Toujours arborant un sourire chaleureux et débordant de bonne humeur, c’était un homme incroyablement généreux, toujours prêt à rendre service et à offrir son soutien à quiconque en avait besoin. Il incarnait la bienveillance et la sociabilité de la manière la plus authentique qui soit. Son influence s’étendait à tout le village de Neoulefla, où son cœur généreux, sa simplicité d’âme et son dévouement envers les siens ne sont plus à prouver.
Prao était le père dévoué d’une adorable petite fille de quatre ans, son unique enfant et le centre de son univers. Aujourd’hui, cette pauvre enfant se retrouve dans la douloureuse condition d’être orpheline de père si tôt dans sa vie. Elle devra grandir et affronter le monde sans l’amour paternel, la protection rassurante et les conseils avisés qui lui auraient été inestimables. De son côté, sa jeune épouse, une femme pleine de rêves et d’espoirs de vieillir à ses côtés, se retrouve brutalement veuve, ses espoirs anéantis, privée de son précieux compagnon de vie, de son soutien indéfectible.

Tout récemment, Prao avait été titularisé pour son CAP Long, une reconnaissance méritée de son dur travail et de sa persévérance inébranlable. Il se préparait à profiter des fruits de ses efforts soutenus et à cueillir une juste récompense pour ces années d’engagement. Malheureusement, cette promotion bien méritée restera à jamais hors de sa portée, suspendue dans le temps. Sa vie, promise à un avenir radieux, a été tragiquement écourtée en pleine jeunesse, arrachée par une violence tellement inouïe et injuste qu’elle défie l’entendement.
Durant les six années de service qu’il a consacrées à l’État de Côte d’Ivoire, Prao a incarné les valeurs d’éducation et de protection, formant de jeunes esprits avec passion et dévouement. Sa mort, survenue alors qu’il accomplissait fidèlement sa mission, doit être reconnue comme une mort en service, et il est essentiel que sa famille reçoive une indemnité complète pour compenser cette perte inestimable.
Cependant, Prao était bien plus qu’un simple enseignant dévoué ; il était également le dynamique entraîneur de football des jeunes du village, jouant un rôle crucial de mentor, de grand frère et de guide dans leur développement personnel. En six années de présence bienfaisante à Neoulefla, jamais il n’avait suscité le moindre conflit, faisant l’unanimité par sa droiture et son intégrité.

Et pourtant, au cours de cette fatidique nuit, il n’a rien demandé d’autre qu’un acte de civisme clair et simple : il a gentiment demandé à de jeunes individus de ne pas consommer de la drogue au sein de l’établissement scolaire, un geste de responsabilité et un appel au bon sens élémentaire. Pour ce simple acte de bienveillance, il a été odieusement attaqué, battu avec une barbarie si cruelle qu’elle fige le sang.
Aujourd’hui, c’est l’ensemble du village qui est plongé dans le deuil et la désolation. J’ai vu des jeunes écroulés par la douleur, un COGES meurtri, une chefferie totalement ébranlée, des parents alimentés par un profond désespoir. Une communauté entière est en deuil, traumatisée par cette perte dévastatrice, pesant sur leurs cœurs. L’homme suspecté d’être à l’origine de ce crime, un jeune du village nommé Kaboré Chadrac, a plongé la communauté burkinabé locale dans une situation d’injustice extrême, exposée aux soupçons et cible de la fureur.

L’inspecteur, submergé par l’émotion, peine à formuler des paroles face à une tristesse aussi accablante. Neoulefla demeure plongé dans la stupeur et la consternation.
Ce drame ne représente pas seulement la perte tragique d’un enseignant dévoué ; il représente une blessure béante dans le cœur de toute une nation. Un maître d’école dans un petit village, qui s’implique pour le bien de la communauté, ne mérite pas une fin si tragique. Prao méritait de continuer à vivre pleinement, d’enseigner encore avec passion, de voir grandir sa fille et de vieillir paisiblement aux côtés de sa femme aimante.
Aujourd’hui, il est de notre devoir commun de porter sa mémoire avec dignité, de préserver sa réputation et d’exiger que justice soit rendue. Une telle tragédie ne doit plus jamais se reproduire.
Youssef Fofana.



















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